Solidarité avec deux étudiants de PERPIGNAN, GAV

Messagepar Philippe Perpignan » 09 Août 2009, 19:23

Face à la «justice», Pierre et Yann ne sont pas seuls !

En 2007, Pierre et Yann, deux militants de la Coordination des Groupes Anarchistes, de SUD Étudiant Perpignan et pour l'un d'entre eux de Maulets au moment des faits, ont été placés en garde à vue. Cueillis chez eux, la police a perquisitionné leurs appartements et a pris leurs ordinateurs. Nos deux compagnons paient encore aujourd'hui la volonté du pouvoir de décrédibiliser et criminaliser à tout prix la lutte contre la LRU, qui a animé les universités ces dernières années. Après 48h de garde à vue, et 7h supplémentaires enfermés dans les cellules du tribunal, aucune des charges initiales n'a été retenue contre eux. Des plaintes nominatives d'outrage ont été déposées par certains professeurs contre Pierre et Yann. Les deux étudiants ont donc été accusés de « dégradations, vol, menaces de mort... » par ces mêmes profs qui se sont fait remarquer par leurs attitudes provocatrices et violentes, et pour leur opposition à la grève.

Un an et demi après, le comité de soutien « Justice pour Pierre et Yann » (CGA, Maulets et SUD Étudiant) a permis de recueillir plus de 3000 signatures, et de multiplier les rassemblements et les manifestations de soutien. Le 29 juin, Pierre et Yann passaient au tribunal accusés finalement d'outrages, outrages en réunion et pour avoir refusé le fichage ADN pendant la garde à vue.

Le fichage ADN est d'ailleurs un sujet particulièrement polémique. On remarque que les services de police doivent demander son accord au gardé à vue, avant de prélever sa salive, pour être enregistré au Fichier National Automatique des Empreintes Génétiques (FNAEG). Le refus du fichage ADN peut être réprimé par 1 an de prison et 15.000€ d'amende. Selon l'article 16.1 du Code Civil: « Chacun a droit au respect de son corps. Le corps humain est inviolable». Les prélèvements génétiques sont une attaque à la dignité et l'intégrité physique; personne ne peut être contraint à une intervention, sans fondement médical, sur son propre corps. C'est une atteinte aux libertés individuelles. En étendant ce fichage à pratiquement tous les crimes et délits (à l'exception de la délinquance économique et financière...), on se dirige vers un fichage génétique généralisé, contraire au respect des libertés de chacun.

Lors du procès, les deux étudiants ont pu compter sur le témoignage de 6 militants qui ont contextualisé les agressions supposées, au moment de la mobilisation contre la LRU. A l'intérieur et à l'extérieur du Palais de Justice, plus de 200 personnes se sont rassemblées pour apporter leur soutien aux deux étudiants. Ainsi, le tribunal fut forcé d'entendre ce qui n'avait échappé à personne : ce procès était clairement politique, et les deux anarchistes, Pierre et Yann, en étaient les têtes de turc. Les professeurs anti-grève qui avaient porté plainte contre eux étant absents, c'est le juge qui a fait la lecture de leurs déclarations, et qui avait visiblement à coeur de défendre ces « pseudo-victimes ».

Pierre et Yann n'ont reconnu aucun des faits, aucune des déclarations, aucune des charges qu'on tente de leur imputer! Aujourd'hui comme hier, nous dénonçons toutes les manoeuvres qui prétendent démontrer artificiellement les charges contre les militants. S'ils sont condamnés, ce sera simplement parce que leurs choix politiques et leur implication ne s'accordent pas avec les défenseurs de l'État, d'un ordre établi indiscutable et d'une société acritique.

Nous réclamons l'arrêt des poursuites contre Pierre et Yann !
Nous faisons un appel à l'ensemble des acteurs des luttes étudiantes et plus généralement des mouvements sociaux à être solidaires et à agir contre la criminalisation des luttes.

Le mercredi 12 août à 8h00, le Comité de soutien « Justice pour Yann et Pierre » appelle à un rassemblement devant le Tribunal de Perpignan où sera rendu le verdict !

Rassemblement de soutien sans badge, ni drapeau.
Philippe Perpignan
 
Messages: 42
Inscrit le: 17 Déc 2005, 00:05

Messagepar Philippe Perpignan » 14 Août 2009, 11:29

Condamnation de Yann et Pierre : la « Justice » contre les luttes sociales

Ce mercredi 12 août, en plein creux estival, le tribunal de Perpignan rendait son délibéré dans l'affaire Yann et Pierre. Plus d'une centaine de personnes sont venues accompagner nos camarades. Elles étaient plus de deux cents lors de leur comparution devant la cour du tribunal de Perpignan le 29 juin dernier. Plusieurs organisations locales et nationales soutenaient Yann et Pierre. Malgré cette mobilisation, nos camarades Yann et Pierre viennent d'être condamnés à 550 euros d'amende chacun (200 euros pour outrage à un professeur et 350 euros pour les frais de justice engagés par l'université de Perpignan, partie civile) et un mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement ADN.

Dans un dossier vide, où il ne restait qu'une injure à un professeur anti-bloqueur, une photo saisie d'un slogan peint sur la route lors de la lutte anti-CPE, et le refus du prélèvement d'ADN, la volonté de la « justice » est claire : condamner Yann et Pierre pour leur participation active contre la loi LRU en décembre 2007.

La répression sur les militants investis dans les luttes sociales doit alerter l'ensemble de ceux et celles qui refusent de se résigner face aux injustices (salariés luttant pour garder leur emploi trainés devant les tribunaux, militant-es de la lutte des sans-papiers ou pour le logement etc.). La condamnation de Yann et Pierre, est complètement dans le processus d'une véritable criminalisation du mouvement social et des luttes.

Plus généralement, cette condamnation est un nouveau marqueur de l'érosion des droits de manifestation et d'expression. L'État balise toujours à la baisse le champ de la contestation qu'il tolère, en réprimant les luttes qui le dérangent. Ainsi, tous ceux qui pensent que la lutte ne doit pas accepter les limites fixées par le pouvoir (encadrement du droit de grève, notamment), et qu'elle doit être menée loin des organes institutionnels, se voient poursuivis en justice de plus en plus systématiquement. La quasi interdiction des manifestations (camp No Border à Calais, anti-OTAN à Strasbourg...), comme la condamnation de Yann et Pierre à un mois de sursis pour avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN s'inscrivent dans cette logique du « tout sécuritaire ». Nos libertés se restreignent de plus en plus: jusqu'où, jusqu'à quand allons nous laisser faire ?

C'est bien à un procès politique auquel nous avons assisté. Le pouvoir a décidé de « se payer » deux militants actifs qui se revendiquent anarchistes ; deux anarchistes qui loin des clichés ont une action réfléchie au cœur de la lutte, action qui trouve un écho et est comprise ; deux militants qui ont travaillé à l'auto-organisation des luttes étudiantes, à la mise en place de pratiques anti-autoritaires dans ces luttes, et qui remettent en cause le fonctionnement global de la société. Le pouvoir ne veut pas laisser ces situations se répéter et il sort donc le bâton ...

Yann et Pierre, leurs soutiens et leurs avocats étudient l'opportunité de faire appel de cette décision. Nous vous tiendrons au courant des suites décidées et ferons à nouveau appel à vous en cas de besoin.

Montpellier, le 12 août 2009
Relations Extérieures
de la Coordination des Groupes Anarchistes
Philippe Perpignan
 
Messages: 42
Inscrit le: 17 Déc 2005, 00:05

Précédent

Retour vers Solidarité

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité(s)

cron