centre de rétention

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Messagepar émile pouget » 09 Mai 2010, 10:28

Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu (31).
Samedi 8 mai 2010, 0h00.

Au secteur A, minuit, c'est l'heure habituelle des fouilles. Un retenu faisait sa prière. Brusquement, il est interrompu par les gardes qui entrent dans sa chambre et le frappent violemment. Sous prétexte d'exécuter leur travail de "fouilles", les gardiens l'ont molesté. Les retenus du secteur A décident de se mettre en grève de la faim. Le lendemain, ils sont suivis par tous les retenus ! Ce ne sont pas les premiers témoignages de passage à tabac que nous entendons. Ces maltraitances se font hors caméra. Outre ces brutalités, nous savons que les retenus mangent et dorment très mal: la nourriture est avariée, non hallal et les réveils sont fréquents pour les "fouilles". Les retenus sont drogués par divers calmants et autres produits dérivés.Les centres de rétention administrative sont une torture. Pour la fermeture de tous les CRA !Pour la régularisation de tous les sans-papiers !

La parole est une arme. Diffuser ces informations est une lutte.
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Re: centre de rétention

Messagepar émile pouget » 09 Mai 2010, 10:31

Nouvelle Réforme de la demande d'asile !

La France connaît aujourd’hui une grave crise de l’asile qui rappelle celle du début des années 2000. À l’insuffisance chronique des places disponibles dans le système d’accueil s’ajoute, depuis mai 2009, une nouvelle réforme dite de « régionalisation » qui oblige les demandeurs d’asile à déposer leur demande à la préfecture de région et non plus à la sous-préfecture la plus proche de leur lieu de « résidence » provisoire… Conséquence : un dispositif d’accueil déstabilisé et des demandeurs d’asile livrés à eux-mêmes, en contradiction avec les engagements internationaux de la France.

Des centaines de demandeurs d’asile sont ainsi contraints de dormir dehors ou de squatter des bâtiments... Comment en est-on arrivé là alors que la loi de notre pays impose d’assurer aux demandeurs d’asile des conditions décentes d’accueil et d’hébergement ?

Les dégâts de la régionalisation des demandes d’asile

En France, c’est l’Ofpra(1) qui est chargé de recevoir et d’instruire les demandes d’asile. Mais la procédure doit se faire en deux temps : pour accéder au formulaire qu’il devra adresser à l’Ofpra, le demandeur d’asile doit d’abord se rendre en préfecture, où lui sera également remis un titre de séjour provisoire et où doit lui être proposé un hébergement en Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) ou, à défaut, une autre solution d’hébergement ou encore une allocation journalière pendant toute la durée de sa procédure de demande d’asile.

Cette procédure dite « normale » a connu, ces dernières, années de nombreuses dérives dans le but de réduire le nombre de demandes d’asile. La multiplication des procédures « d’exception », qui concernent aujourd’hui près de 40% des demandeurs d’asile, a notamment transformé la demande d’asile en parcours du combattant et développé une véritable « migrerrance » au sein de la France

Mais depuis 2009, la procédure dite « normale » a elle aussi été frappée de plein fouet par la régionalisation des demandes d’asile, généralisée en mai à toutes les régions françaises excepté l’Ile-de-France, l’Alsace et la Corse. Désormais, les demandeurs d’asile doivent ainsi s’adresser à la préfecture de région et non plus, comme avant, à la préfecture la plus proche de leur lieu de « résidence ».

Pourquoi une telle réforme ? Tout d’abord pour utiliser au mieux les coûteuses bornes du fichier EURODAC, qui servent à relever les empreintes digitales des demandeurs d’asile afin de vérifier qu’ils ne sont pas passés par un autre pays d’Europe et que leur demande est bien éligible en France(3). Ensuite, pour concentrer sur un seul lieu l’enregistrement des demandes d’hébergement en CADA.

Les conséquences pour les demandeurs d’asile sont désastreuses : pour se rendre à la préfecture de région dont ils dépendent, beaucoup sont obligés de parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres… Plus grave encore, cette réforme, qui s’est effectuée à effectifs constants, n’a pas été accompagnée de l’augmentation de moyens nécessaire pour faire face à un nombre plus important de demandes d’asile (+12% en 2009). Résultat : des délais de convocation qui peuvent désormais aller jusqu’à un mois, la limitation de l’accueil des personnes et, surtout, une crise sans précédent des conditions de prise en charge des demandeurs d’asile…


Un dispositif d’accueil au bord de l’explosion

On compte aujourd’hui 21 400 places de CADA sur l’ensemble du territoire métropolitain (mais aucune en Guyane, où survivent 900 demandeurs d’asile, ni à Mayotte), mais cela ne suffit pas à accueillir l’ensemble des demandeurs d’asile. En 2009 seulement 26% des demandes d’asile déposées on été suivies d’une entrée en CADA. Les autres, soit plus de 30 000 personnes, sont inscrites sur les listes d’attente ou sont exclues parce que faisant l’objet d’une procédure prioritaire. Les 1 000 places supplémentaires annoncées par le ministère de l’Immigration en 2010 ne suffiront donc pas pour accueillir tous ceux qui ont cruellement besoin d’accueil et de protection.

Pour pallier les défaillances de ce dispositif, et surtout les délais d’attente de plusieurs mois pour obtenir une place en CADA, des plateformes d’accueil ont été progressivement mises en place à partir de l’année 2000. Leur rôle : assurer le premier accueil des demandeurs d’asile, les aider dans la rédaction de leur formulaire Ofpra et les accompagner dans leurs démarches sociales et juridiques.

La régionalisation des demandes d’asile s’est accompagnée d’une politique de réduction du nombre de ces plateformes : 25 plateformes et points d’accueil ont été supprimés en 2008 et, suite à une baisse continue des subventions qui leur sont accordées, il ne devrait plus en subsister qu’une petite trentaine en 2010. Parallèlement, il était décidé de confier à l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII)(4) la mission d’assurer ce premier accueil dans la plupart des régions, seul ou en partenariat avec les plateformes d’accueil restant opérationnelles. Mais là encore les moyens alloués à l’OFII ne sont pas à la hauteur d’une telle mission, qui par la même occasion a été réduite à une simple information des demandeurs d’asile, l’aide éventuelle à la rédaction de leur demande et leur orientation vers les services sociaux… Mais leur hébergement d’urgence, l’aide matérielle à laquelle ils ont droit ou encore le remboursement de leurs frais de transport pour se rendre à la préfecture ou à l’Ofpra ne sont, eux, prévus qu’à titre « exceptionnel ».
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