Travailleur/euse-s en lutte contre les fermetures d'usines

Travailleur/euse-s en lutte contre les fermetures d'usines

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:26

Publié le 24/04/2009 07:59 | J.-L. D.-C.
Freescale : le personnel en état de choc
http://www.ladepeche.fr/article/2009/04 ... -choc.html

À Basso Cambo, le moral de l'entreprise américaine est au plus bas depuis l'annonce de la suppression d'un millier d'emplois.
Hier à Freescale, le travail continue en dépit de l'inquiétude des salariés.


Pour l'instant, l'inquiétude, et peut-être la colère, restent contenues sous les masques. Au lendemain de l'annonce de la suppression d'un millier d'emplois, la vie de l'entreprise Freescale, au 134 de l'avenue Eisenhower, a repris son cours avec ses rituels immuables : les femmes d'un côté, et les hommes de l'autre pour accéder aux vestiaires et ensuite aux salles blanches (ateliers de production) après avoir revêtu une paire de gants, la combinaison, la cagoule, les bottes et les surbottes etc. Derrière les vitres des salles blanches, ingénieurs et techniciens travaillent encore dans une atmosphère « sous contrôle » autrement dit plus clean qu'une chambre stérile à l'hôpital. Mais depuis l'annonce de l'arrêt de la production des puces électroniques d'ici 2011, l'air est devenu lourd. Quoi qu'il en soit, les équipes se relaient 24 heures sur 24, dans les ateliers qui ressemblent davantage à des laboratoires qu'à des chaînes de montage de microprocesseurs destinés à l'automobile. « Mais fait inhabituel, maintenant des groupes se forment, les gens discutent. On les sent préoccupés », signale un employé. Ici, huit cents emplois directs vont disparaître, sans oublier les deux cents emplois du secteur téléphonie cellulaire sur la sellette, et tout le monde sur le site de Basso Cambo est abasourdi. Hier, le téléphone n'a pas arrêté de sonner dans tous les bureaux où chacun évoque la situation avec le même mot, « un choc ». Certains trouvent la parade en anticipant : « J'envisage une formation pour changer de vie… C'est pas facile… » Au bout du fil, il y a souvent un parent ou un ami au lieu d'un client. À la cafétéria, où les employés quittent leurs vêtements contraignants au moment des pauses, les visages sont fermés. La plupart ont la quarantaine et des enfants. Le géant américain aimait jusqu'alors, embaucher des couples. Aujourd'hui, la fermeture de l'usine toulousaine frappe doublement les ménages.

Quel avenir pour le site ?
Une salariée : « Je suis anéantie »

Aujourd'hui à 14 h 30, la direction toulousaine de Freescale, les représentants du personnel et les délégués syndicaux vont se retrouver autour de la table pour ouvrir un chapitre douloureux de l'entreprise : la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, procédure qui précède l'étape ultime de la mise en place d'un plan social. Au surlendemain de l'annonce de la fermeture de l'unité de production toulousaine d'ici 2011, Denis Blanc, directeur général de Freescale France, continue de défendre l'idée d'un plan d'accompagnement sur trois ans.

3La formation.

« Nous sommes prêts à affronter cette situation délicate et nous avons trois ans pour travailler et préparer la reconversion du personnel. Chez nous la formation et l'accompagnement du projet professionnel font partie d'une culture d'entreprise. Nous pratiquons la formation tout au long de la vie et nous aiderons chaque employé à trouver une solution, tout en mettant l'argent qu'il faudra dans la perte des emplois » réitère le directeur général.

3Téléphonie. « Rien n'est encore joué pour les deux cents emplois du secteur téléphonie. Il y a un risque, mais on a jusqu'à la fin de l'année pour trouver un repreneur » assure Denis Blanc qui fait également observer que 500 emplois dédiés à la recherche et au développement sont conservés sur le site toulousain.

3Reclassements.

Parmi les pistes de reclassement, l'entreprise évoque des formes de partenariat entre les entreprises de pointe de la région. À titre d'exemple, « une vingtaine de personnes ont été reversées récemment à l'entreprise Thalès, équipementier aéronautique » rappelle le directeur général qui compte sur « l'aide d'autres entreprises et sur le soutien des pouvoirs publics »

3Véhicule électrique. Il mise aussi sur la recherche et les applications sur le véhicule électrique qui permettrait de créer de nouveaux emplois sur le site actuel. Lors de la venue à Toulouse, au mois de mars, du PDG de Freescale, rien n'aurait filtré du destin de l'unité de production toulousaine. « Rich Beyer a été nommé il y a tout juste un an et il effectuait simplement une visite de courtoisie en Europe » précise la direction à ce propos. A.B

Pierre Cohen garde l'espoir

Le maire de Toulouse, Pierre Cohen convient que le politique local ne dispose d'aucune arme contre l'immoralité économique. Il condamne une «décision draconienne» prise depuis les Etats-Unis et apporte son «soutien sans faille aux salariés». Malgré la catastrophe sociale, il voit des raisons d'espérer : «Contrairement aux fermetures immédiates de ses sites au Japon et en Ecosse, Freescale ferme la production à Toulouse mais il maintient la recherche et le développement technologique. Cela laisse un espoir car sur trois ans, il n'y a pas de raison de ne pas trouver les moyens nécessaires à l'investissement sur l'outil de production.»

Pour tenter de convaincre les convaincre, Pierre Cohen se dit prêt à «aller défendre le dossier et rencontre les responsables de Freescale aux Etats-Unis».

Au passage, il rappelle que Freescale a profité des aides publiques - celles de la région en matière de recherche. «On ne peut pas uniquement profiter du partenariat sur la recherche et tirer un trait sur les débouchés de cette recherche en laissant tomber les salariés. Il y a de l'immoralité dans cette façon de se conduire».

Repères
Motorola s'était installé en 1967


En 1967, attiré par le projet de ville nouvelle qui sort de terre au Mirail, Robert Galvin choisit Toulouse pour implanter le premier site de fabrication de composants électroniques de la firme Motorola hors des États Unis. Débutent alors quatre décennies au cours desquelles Motorola, puis Freescale, sa branche semi-conducteurs filialisée depuis 1994, vont vivre au rythme des aléas des marchés de la téléphonie et de l'automobile, des partenariats et des programmes de recherche croisés avec le LAAS CNRS, et des injections d'argent public. Depuis le début de la décennie, Motorola puis Freescale ont bénéficié de 20 millions d'euros d'aides de l'État et des collectivités territoriales pour développer la recherche, maintenir l'activité, et sauvegarder les emplois sur le site toulousain. Des investissements publics utiles à court terme, mais qui ne pèsent désormais plus grand-chose dans la balance des stratèges de l'entreprise.

B. dv.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:28

Publié le 24/10/2008 09:18 | Recueilli par J.-F L.-G.
Villemur. Molex supprime 300 emplois
http://www.ladepeche.fr/article/2008/10 ... plois.html

Le groupe américain de connectique automobile a annoncé hier la fermeture de son usine de Villemur-sur-Tarn, sur fond de délocalisations.
Ecoeurés, les salariés sont prêts à se battre contre la décision «scandaleuse» de Molex. Ils appellent à la mobilisation générale, des élus et de la population.


Une Allemande est venue déposer sa candidature chez Molex, hier après-midi, à Villemur-sur-Tarn. « Ce n'est pas la peine », souffle l'hôtesse d'accueil. Une heure avant, le groupe américain de connectique automobile a annoncé à ses salariés la fermeture du site, en juin 2009. Avec la suppression de plus de 300 postes : 275 CDI, 22 CDD et 10 intérimaires. Molex prévoit aussi de réduire ses effectifs d'Ettlingen (Allemagne).

Malgré les rumeurs alarmistes et insistantes qui couraient depuis plusieurs mois, c'est un coup de massue pour le personnel. « Les gens ont pleuré. Certains pensaient à un plan social pour les plus âgés, mais pas à une fermeture définitive. ça nous est tombé sur la tête », confie Denis Parise, secrétaire CGT du comité d'entreprise. Devant l'usine, lors d'une réunion impromptue, les mots fusent. « Je ressens de la haine, de la colère, de la rage d'avoir été baladée par la direction », crie une jeune femme. Tous parlent d'« écœurement ». « On a fait 640 000 € de bénéfices en 2006-2007, 1,2 million en 2007-2008. Comment peut-on justifier le licenciement économique, alors que nous avons le savoir-faire et la productivité ? », s'étonne Denis Parise. « Il y a quelques mois, on nous a reçus, avec des petits fours, pour nous remercier, nous dire qu'on était les meilleurs du groupe. Les Américains ne pensent qu'au profit », insiste Michel Tourret, délégué CFDT, qui a changé cinq ou six fois d'employeur, en 32 ans d'ancienneté sur le même site. « Molex justifie la fermeture par la crise économique. Mais depuis le rachat, le… 1er avril 2004 à la SNECMA, pour une bouchée de pain, ils n'ont pas investi un kopeck ici. Ils se sont servis de nous pour récupérer nos brevets, un ticket d'entrée chez de gros clients comme Peugeot. Nous avons mis au point des produits qui ont été développés ailleurs, là où ça coûte moins cher, où la concurrence est déloyale. La pression des clients incite à la délocalisation », maugréent Denis Paryse et Thierry Bonhoure, délégué FO. « » En quatre ans, nous avons perdu 65 emplois, le site de Kosice, en Slovaquie, en a gagné 600. ça veut tout dire », glisse Guy Pavan, délégué CGT.

La résistance s'organise. Les employés apprécient assez peu la présence d'un huissier et des gendarmes : « On nous vire, et les bandits, c'est nous ! ». Pas question de violence cependant : « On ne cassera rien ». Pas de grève avant le comité d'entreprise qui lancera la procédure, le 6 novembre. « On va venir chaque jour, on pointera, on rentrera dans les ateliers. Mais on ne va pas travailler, surtout pas produire pour les autres. Plus rien ne sortira d'ici », avancent les délégués syndicaux. « On n'a plus rien à perdre, on a perdu notre emploi. Alors, il faut qu'on arrive à démontrer à la justice que tout était orchestré depuis longtemps », lance Thierry Bonhoure. L'entreprise va fermer 15 jours en décembre : « On sera vigilants, pas question qu'ils emportent les machines ». Les salariés demandent le soutien des élus, « on a besoin de faire monter la pression ». Une réunion publique est prévue mardi, avant une opération ville morte. Pour Villemur, secteur enclavé, où le taux de chômage est le plus fort du département, le coup est rude.

« Qu'est-ce qu'on va devenir ? »

« C'est une catastrophe pour le canton, c'est surtout une catastrophe sociale. Que vont devenir les salariés ? Il y a peu d'emplois industriels ici » s'inquiète Jean-Marc Dumoulin, conseiller général UMP. Le voisin de Molex, Labinal (700 salariés) connait lui aussi une baisse d'activité…

Comme les pâtes Brusson, aujourd'hui fermées, qui ont employé plusieurs centaines de personnes, les câbleries auto faisaient partie du patrimoine de Villemur depuis la guerre. L'entreprise a changé de nom plusieurs fois, avec des restructurations à la clé. Des générations, des familles entières y ont travaillé. « Pas la peine de faire de longues études, on aura du boulot » disait-on à l'époque. « La reconversion sera difficile. On va être obligés de trouver autre chose, mais quoi ? » soupire Serge Canitrot, 49 ans, 28 ans d'ancienneté.

« La moyenne d'âge est de 45 ans, on a un métier très spécifique. Hormis les quatre fraiseurs et les logisticiens, le reclassement sera compliqué », frémit Denis Parise. « J'ai un BTS de plasturgie, j'avais eu du mal à trouver mon job » renchérit un jeune technicien. « Comment vont faire ceux qui ont des crédits immobiliers, des gosses en bas âge ? » lancent plusieurs voix. « Il va falloir continuer à payer l'essence, les impôts, manger. J'ai deux gosses » fulmine Philippe Larroque. Son couple galère depuis des années : « Ma femme travaillait chez Valéo, à Labastide-Saint-Pierre. Après la fermeture de l'usine, elle s'est battue 3 ans pour récupérer 12 000 € lors du procès. Elle a mis beaucoup de temps à retrouver un travail, pas terrible, à 1 000 € par mois, dans les travaux publics, qui vont très mal en ce moment. Elle a peur pour elle aussi. Hier, elle a pleuré. Psychologiquement, c'est très dur. Le travail, c'est l'équilibre de la vie ». Il restait 3 ou 4 ans de carrière à Nicole, 37 ans de présence dans l'usine. Elle y a connu son mari, ils y travaillent tous les deux. « On fait partie des murs. Mais on se sent impuissants. On dépouille la France de ses compétences. Que restera-t-il à nos enfants ? »
Molex : «Garder la compétitivité»

Le DRH de Molex Europe, Stéphane Kellar, est venu sur place. Interview.

Pourquoi cette fermeture ?

Nous devons garder notre compétitivité sur le marché. Le coût du site, le plus élevé d'Europe, des matières premières nous oblige à proposer (sic) la fermeture de l'usine à nos partenaires sociaux. Dans un contexte de mondialisation, le site n'est pas compétitif. Il n'avait surtout aucun projet, alors que la connectique automobile ne se porte pas bien.

L'usine faisait pourtant des bénéfices...

Nous avons eu des chiffres en hausse, mais rien ne dit que nous n'en aurions pas eu en baisseà l'avenir. Nous devons commencer à prendre des précautions. Il y a bien sûr une dimension humaine, 300 familles avec enfants, mais Molex compte 30 000 salariés dans le monde. La décision, la meilleure pour le groupe, dépasse la dimension de la région.

Que va devenir le personnel ?

Nous allons discuter avec eux. Molex est connu dans le monde entier pour ses bonnes relations avec son personnel. Nous chercherons les meilleures solutions pour leur reclassement. Nous sommes très conscients de nos responsabilités.

Réactions

Pierre Izard, président du conseil général de Haute-Garonne. Les élus du conseil général ont déposé un vœu, hier,, sur la situation du groupe Molex. Dénonçant la « logique » du groupe américain, ils demandent à la ministre de l'Économie « les mesures qu'elle compte prendre pour assurer la préservation de l'emploi dans ce bassin de vie ». « Trois cents emplois, c'est énorme, ça va déstabiliser toute une région. Je suis très inquiet pour l'avenir de la sous-traitance en Haute-Garonne, et pas seulement dans l'aéronautique. Je vais prendre contact avec le préfet pour voir si l'aide aux entreprises qui avait été annoncé va se réaliser » a précisé Pierre Izard.

Martin Malvy, président du conseil régional. « La fermeture de Molex est dramatique. Je suis particulièrement inquiet des conséquences sur le bassin d'emploi et sur l'activité économique de la zone de Villemur ». Si aucune solution de reprise n'est envisageable, il appartiendra aux représentants de l'État en Région de veiller à ce qu'un plan social respectueux des intérêts des salariés soit mis en œuvre et que soient examinées toutes les pistes de recréation possibles d'emplois. La Région est disponible pour y participer ».

Jean-Claude Boudet, maire de Villemur. « J'ai une profonde colère. Comment une entreprise qui a réalisé des bénéfices peut-elle avoir l'indécence de fermer un site ? Cette mesure inadmissible n'est guidée que par la pure obsession d'une rentabilité financière, et par le mépris à l'égard de ceux et celle qui l'ont rendu possible. C'est une entreprise préméditée. Molex est arrivé avec l'intention de puiser notre substance et de nous réduire à l'inactivité ».

Gérard Bapt, député. « Molex poursuit sa stratégie d'ensemble qui consiste à prendre des positions sur les marchés européens, puis à délocaliser vers les pays à bas salaires, au-delà de la Slovaquie, vers la Chine. Cette entreprise au cash-flow important obéit aux règles de la politique libérale visant à « optimiser les coûts » en direction de ses actionnaires. Il faut agir au plus vite pour la réindustrialisation du site et la conversion de salariés ».

Jean-Marc Dumoulin, conseiller général. « On peut parler de patrons voyous. Dire que les salariés de Villemur ont formé ceux de Kosice ! Ils ont bénéficié d'argent public, il faut retarder l'échéance, polluer leur décision. Ils ont racheté l'entreprise en 2004 pour les brevets, l'accès aux constructeurs français »
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:30

Nous sommes déçus et abattus
Par CMa.
http://www.molex-villemur.com/

"On en est toujours au même point", reconnait le secrétaire CGT du comité d'entreprise de Molex, Denis Parise, devant les salariés rassemblés, dans le vent et le froid, devant les portes de l'entreprise, fermées par des agents de sécurité au nom de la sécurisation du site.

"La session de négociation n'a pas permis d'avancer", ajoute-t-il, évoquant les discussions, mardi soir, entre syndicats et direction à la préfecture de Haute-Garonne, après la libération des cadres qui étaient retenus depuis lundi.

"Nous sommes ressortis avec rien. C'est pareil chez Continental, c'est dégoûtant. Ca fait six mois qu'il y a entrave au CE", dit-il sous les applaudissements de salariés ayant le sentiment d'avoir été "trahis" par la direction de l'usine.

"Ca fait un an ou un an et demi que la fermeture est prévue. L'entreprise a l'obligation d'informer le personnel. Elle ne l'a pas fait et la justice ne la sanctionne pas", renchérit Jean-François Porté, chez Molex depuis 1984.

Le Premier ministre François Fillon a estimé mercredi qu'il devrait y avoir une procédure judiciaire concernant un possible délit d'entrave. "C'est un délit (...) et si ce délit est prouvé, la direction de Molex sera condamnée", a-t-il dit.

L'avocat du comité d'entreprise, Me Jean-Marc Denjean, s'est félicité de ces déclarations, regrettant cependant que la plainte des salariés pour délit d'entrave n'ait toujours pas abouti.

"La plainte a été déposée en novembre. Quatre mois et demi après, rien n'a avancé. Nous ne savons rien de l'évolution de cette enquête. Lorsque des salariés portent plainte, il faut attendre. Quand c'est la direction qui porte plainte, ça va très vite", a-t-il souligné.

Ouvrier chez Molex depuis 20 ans, Patrick Fregolent confie son désarroi face à la fermeture annoncée de l'usine, mi-2009.

"C'est notre usine, c'est notre vie. Nous avons 45 ans de moyenne d'âge, qu'est-ce qui va se passer? En nous enlevant le travail, on nous (empêche) de vivre. On est passé pour des criminels, on a été humilié", rumine-t-il.

Mardi, il était à Toulouse, où le secrétaire du CE était assigné en référé devant le TGI pour répondre de la séquestration des deux cadres.

"Le procureur nous a parlé comme à des voyous, en annonçant de lourdes peines. Moi je n'ai jamais pris un PV. On ne leur a pas fait bien mal, eux ils sont en train de nous briser", ajoute-t-il.

Une nouvelle réunion de négociation est prévue vendredi, mais le coeur n'y est plus.

"Messieurs les pontes de Molex, nous voulons vivre", clame une banderole sur un cercueil noir de 4 mètres de haut frappé d'une croix blanche dressé contre un mur de l'usine.

Propos recueillis par l'AFP
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:32

Publié le 24/04/2009 09:02 - Modifié le 24/04/2009 à 09:58 | G. M.
Villemur. Olivier Besancenot était hier chez Molex
http://www.ladepeche.fr/article/2009/04 ... Molex.html

Olivier Besancenot s'est rendu, hier, sur le site de Molex, à Villemur-sur-Tarn. Le leader du Nouveau Parti Anticapitaliste a rencontré les salariés en chômage forcé depuis deux jours et interdits d'entrée dans leur usine. Accueilli par Guy Pavan, délégué cgt, et Denis Parise délégué du CE, il s'est adressé à tous les pour les soutenir dans la lutte qu'ils mènent pour éviter leurs licenciements en juin prochain car, a-t-il dit, « il y a malgré tout des combats qui réussissent dans un système qui tourne à l'envers ». Il a également insisté sur « l'importance de porter ce combat au niveau national aux côtés des Continental… et dernièrement des employés de Freescale, un autre américain, et de bien d'autres ».

La visite du leader du NPA s'est poursuivie à Toulouse dans l'après-midi où une rencontre a eu lieu avec les salariés de ERDF.

Quant aux salariés de Molex, ils se remettront ce matin, en préfecture, à la table des négociations. Cet après-midi, place du Capitole ils rencontreront Martine Aubry et Martin Malvy, et repartiront ensuite à la mairie de Villemur pour une nouvelle réunion, cette fois, avec des élus locaux autour du député Gérard Bapt.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:36

Molex : le document qui prouve la fermeture préméditée de l'usine
http://www.humanite.fr/Molex-le-documen ... de-l-usine

Nous publions le fac-similé d’un email d’un client de l’équipementier, qui prouve que la délocalisation de l’usine de Villemur a bel et bien été organisée de longue date.

L’usine de la société Molex de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), où deux dirigeants ont été séquestrés lundi et mardi, a été fermée mercredi "pour raisons de sécurité" par la préfecture.

Les négociations ont été programmées pour vendredi, après une rencontre préalable avec les représentants du personnel.

Les salariés de l’entreprise de connectique automobile ont eu "un coup de colère" en apprenant que le groupe avait en réalité mis en place "une double source de production pour contourner Villemur", avant même d’annoncer son plan de fermeture le 23 octobre 2008, explique le secrétaire du CE Denis Parise (CGT). Ils dénoncent aussi le "détournement" de stocks, transférés depuis un an chez un distributeur néerlandais.

L’intersyndicale (CGT-CFDT-FO-CFTC-CGC) estime qu’on a "menti" aux salariés en invoquant en octobre "le manque de rentabilité et la crise automobile" pour fermer Villemur, alors que "depuis au moins six mois ils préparaient une deuxième source de production aux Etats-Unis", selon M. Parise.

"Les constructeurs automobiles, les intégrateurs de nos câblages étaient aussi au courant", assurent les syndicalistes, s’appuyant notamment sur un mail interne à PSA Peugeot-Citroën rappelant que Molex allait annoncer lundi son "plan de sécurisation" des livraisons.

Le fac-similé d’un mail prouvant que Molex a averti ses clients, dont PSA, dès l’automne 2008, et organisé sa production en conséquence.
Dans un communiqué publié mardi, Molex nie les accusations syndicales selon lesquelles l’entreprise détournerait la production vers ses autres sites.

"En fait, l’usine ne fonctionne qu’à 30% de sa capacité habituelle, ce qui entraîne des retards de livraison dramatiques. Molex Automotiv SARL se voit donc obligé de prendre des mesures alternatives pour sécuriser la production de ses clients si une production normale ne reprend pas sur le site", peut-on y lire.

"Nous sommes donc obligés de puiser dans les stocks pour éviter de stopper les productions de voitures", ajoute l’entreprise sous-traitante pour des constructeurs automobiles.

Selon l’avocat du comité d’entreprise, Me Jean-Marc Denjean, présent sur le site mardi, "la preuve est faite que Molex a prémédité, organisé de longue date" la fermeture de son site français. L’avocat, qui a déjà porté plainte pour "entrave au fonctionnement du comité d’entreprise", a apporté ces éléments nouveaux au procureur lundi, et le secrétaire du CE a annoncé qu’il serait entendu mercredi matin par la police judiciaire.

Le président de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy (PS), qui a soutenu plusieurs manifestations des Molex depuis six mois, a qualifié "d’inadmissible" un éventuel transfert des fabrications de Villemur aux Etats-Unis, "s’agissant d’un groupe qui fournit en partie les industriels français et européens".

Le blocage restait entier en début d’après-midi malgré les va-et-vient des représentants de l’Etat d’un camp à l’autre.

"Il n’est pas question de négocier dans cette situation de séquestration" déclarait Marcus Kerriou, tandis que le secrétaire du CE affirmait : "nous les laisserons sortir s’il y a une avancée, s’ils acceptent de discuter sur nos propositions".

"Ils doivent rapatrier les stocks détournés et s’en aller car plus personne ne veut travailler pour Molex, mais ils doivent nous laisser 100 millions d’euros d’indemnité, pour avoir menti et volé depuis le rachat à Snecma (groupe Safran) il y a cinq ans", affirme M. Parise.

"Nous trouverons un repreneur ou maintiendrons le site nous-mêmes", a ajouté le cégétiste, majoritaire (65% des voix du personnel).

Tout aussi amer à l’égard des "mensonges" de Molex, le délégué syndical FO Thierry Bonhoure se montrait moins ambitieux en déclarant : "la direction devra trouver une solution pour chaque salarié".
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:37

La colère chez Molex après une justice à deux vitesses
http://www.humanite.fr/La-colere-chez-M ... x-vitesses

Les salariés de l’équipementier automobile Molex, qui ont séquestré deux cadres durant 24 heures pour protester contre la fermeture du site de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), étaient mercredi sous le coup de l’abattement et de la désillusion.

"On en est toujours au même point", reconnaît le secrétaire CGT du comité d’entreprise de Molex, Denis Parise, devant les salariés rassemblés dans le vent et le froid, devant les portes de l’entreprise, fermées par des agents de sécurité.

"La session de négociation n’a pas permis d’avancer", ajoute-t-il, évoquant les discussions, mardi soir, entre syndicats et direction à la préfecture de Haute-Garonne, après la libération des cadres qui étaient retenus depuis lundi.

"Nous sommes ressortis avec rien. C’est pareil chez Continental, c’est dégoûtant. Ca fait six mois qu’il y a entrave au CE", dit-il sous les applaudissements de salariés ayant le sentiment d’avoir été "trahis" par la direction de l’équipmentier américain.

"Ca fait un an ou un an et demi que la fermeture est prévue. L’entreprise a l’obligation d’informer le personnel. Elle ne l’a pas fait et la justice ne la sanctionne pas", renchérit Jean-François Porté, chez Molex depuis 1984.

Le Premier ministre François Fillon a estimé mercredi qu’il devrait y avoir une procédure judiciaire concernant un possible délit d’entrave. "C’est un délit (…) et si ce délit est prouvé, la direction de Molex sera condamnée", a-t-il dit.

L’avocat du comité d’entreprise, Me Jean-Marc Denjean, s’est félicité de ces déclarations, regrettant cependant que la plainte des salariés pour délit d’entrave n’ait toujours pas abouti.

"La plainte a été déposée en novembre. Quatre mois et demi après, rien n’a avancé. Nous ne savons rien de l’évolution de cette enquête. Lorsque des salariés portent plainte, il faut attendre. Quand c’est la direction qui porte plainte, ça va très vite", a-t-il souligné.

Ouvrier chez Molex depuis 20 ans, Patrick Fregolent confie son désarroi face à la fermeture annoncée de l’usine, mi-2009.

"C’est notre usine, c’est notre vie. Nous avons 45 ans de moyenne d’âge, qu’est-ce qui va se passer ? En nous enlevant le travail, on nous supprime de vivre. On est passés pour des criminels, on a été humiliés", rumine-t-il.

Mardi, il était à Toulouse, où le secrétaire du CE était assigné en référé devant le TGI pour répondre de la séquestration des deux cadres.

"Le procureur nous a parlé comme à des voyous, en annonçant de lourdes peines. Moi je n’ai jamais pris un PV. On ne leur a pas fait bien mal, eux ils sont en train de nous briser", ajoute-t-il.

Une nouvelle réunion de négociation est prévue vendredi, mais le coeur n’y est plus.

"Messieurs les pontes de Molex, nous voulons vivre", clame une banderole sur un cercueil noir de 4 mètres de haut frappé d’une croix blanche dressé contre un mur de l’usine.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:40

Publié le 12/03/2009 à 18:47 - Modifié le 13/03/2009 à 09:33 Le Point.fr
Clairoix : les salariés protestent contre la fermeture de l'usine Continental
http://www.lepoint.fr/actualites-econom ... 6/0/325261
lepoint.fr (source AFP)

Les salariés de Continental à Clairoix dans l'Oise ont cessé le travail jeudi et se mobilisent contre le projet de fermeture du site, alors que des voix s'élèvent pour évoquer un recours en justice contre le groupe allemand. Quelques centaines des 1.120 salariés se sont réunis vers 8 heures à l'appel d'une intersyndicale devant le site qui fabrique des pneumatiques, dont le groupe allemand a annoncé mercredi la fermeture, la plus importante en France depuis le début de la crise à l'automne. Celle-ci devrait intervenir d'ici un an.

"Je suis choquée par la manière dont la situation se déroule", s'est indignée vendredi matin sur LCI Christine Lagarde. "Parce que nous sommes en dialogue depuis plusieurs jours déjà avec Continental et que nous avions alerté sur, un, la gravité de la situation, deux, la nécessité de prendre des mesures d'accompagnement, trois, les obligations de revitalisation, quatre, nous avions dit : les pouvoirs publics français sont à vos côtés pour explorer toutes les solutions possibles, les aménagements, les solutions de reprise partielles... Je suis étonnée de la vitesse avec laquelle cette situation est en train d'évoluer", a expliqué la ministre de l'Économie.

Des délégués syndicaux s'estiment "trahis"

Les salariés de Continental ont assisté jeudi vers 10 heures à une brève séance de questions-réponses avec le DRH de l'usine, qui a remplacé au pied levé le directeur Louis Forzy, reparti au pas de course après avoir été copieusement sifflé et avoir reçu sur le crâne des oeufs lancés dans sa direction. En assemblée générale, les salariés ont adopté quelques grands principes, parmi lesquels l'arrêt du travail jusqu'à nouvel ordre, l'exigence de paiement intégral des salaires malgré cette grève de fait - ce qu'ils ont obtenu jusqu'à mardi -, et le refus de voir un seul salarié du site finir au chômage.

S'estimant "trahis", alors qu'un accord sur le retour aux 40 heures de travail hebdomadaires avait été signé fin 2007 par la CFTC (majoritaire) et la CFE-CGC et devait assurer la pérennité du site jusqu'en 2012, certains délégués syndicaux envisagent désormais de dénoncer cet accord. "Nous allons engager un avocat", promet aux salariés Antonio Da Costa, délégué CFTC qui avait signé l'accord, à qui ses collègues réservent désormais un accueil plutôt mitigé. "On a aussi pensé à attaquer pour délit d'entrave" aux règles d'information des représentants des salariés, poursuit-il. Ce recours, même le secrétaire d'État chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez, sur RMC, ou le sénateur-maire UMP de Compiègne Philippe Marini, qui s'est exprimé à Clairoix lors d'un rassemblement de soutien d'élus, l'ont évoqué.

"Nous avons respecté les procédures légales", leur a répondu Bernhard Trilken, vice-président senior de Continental, lors d'une conférence de presse à Paris. Selon lui, Continental "n'a commis aucun délit d'entrave". La direction a mis en place une cellule de soutien psychologique sur le site. Le groupe entend "travailler avec les autorités nationales" et locales pour rechercher des idées d'activités à réimplanter sur le site de Clairoix, a précisé Bernhard Trilken. Continental est le premier employeur privé de l'Oise.

"L'Allemagne est aussi touchée"(Merkel)

Ce conflit social s'est invité à Berlin où se tient le 11e sommet franco-allemand . La chancelière allemande Angela Merkel s'est engagée à parler avec la direction du groupe Continental de la fermeture annoncée de l'usine, à l'issue d'une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy. "Nous allons voir avec l'entreprise pour nous assurer qu'il n'y a pas eu de promesses qui n'auraient pas été tenues", a assuré la chancelière allemande. "Nous devons toutefois voir qu'il n'y a pas seulement une usine dans un pays qui ferme, mais que l'Allemagne est aussi touchée", a-t-elle souligné. Le fabricant de pneumatiques et d'équipements automobiles ferme également son site de Hanovre, dans le nord de l'Allemagne.

"Si nous comprenons les problèmes (de Continental NDLR), il faut, un, que les promesses qui ont été prises en novembre soient tenues et, deux, que les procédures soient respectées", a averti pour sa part le président Nicolas Sarkozy. "J'ai cru comprendre que Continental doublait ses aides pour la reconversion, c'est un premier pas (...) Mais j'ai dit à la chancelière combien nous serons vigilants, un, au respect des procédures, deux, au respect de la parole donnée."

En novembre l'an dernier, le directeur du site Louis Forzy avait démenti des rumeurs de fermeture, assurant que l'usine avait un programme de production pour 2009. Mais depuis, le groupe de pneumatiques est touché par la crise automobile. Il est également empêtré dans son rachat par son compatriote Schaeffler : le groupe familial croule sous les dettes, désormais incapable de financer seul une acquisition de plusieurs milliards d'euros.

Également touchée, l'usine Continental à Sarreguemines en Moselle. Retournée à la semaine de 40 heures en 2007, elle va repasser aux 35 heures le 16 mars en raison d'une baisse de 30 % de la production, a-t-on appris jeudi de source syndicale à Metz. "Nous avons signé un avenant à l'accord de 2007 prévoyant le retour aux 35 heures en raison de la baisse des volumes", a indiqué un responsable CGT de l'usine, Daniel Bordonné. Les jours fériés travaillés prévus dans l'accord ont également été supprimés.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:42

Continental : Clairoix vote la reprise mais continue le combat
France Info - 17 mars 2009
http://www.france-info.com/spip.php?art ... s_theme=44

Au lendemain de leur coup de force au CCE de Reims, les salariés du site Continental de Clairoix (Oise), en grève depuis une semaine, ont voté ce matin la reprise du travail, sous conditions…

Les délégués syndicaux souhaitent désormais rencontrer la direction pour négocier les conditions de la reprise : "pas de pression sur la production, pas de licenciement jusqu’à la fin de la procédure", résume Xavier Mathieu, délégué CGT de l’entreprise. "On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera même plus facile parce qu’on n’aura plus le souci de ne pas être payé", ajoute le délégué syndical.

Au début du mouvement, le 11 mars dernier, les salariés avaient obtenu de la direction la garantie d’être payés, même s’ils ne travaillaient pas. Cette clause particulière prenait fin ce matin à 6 heures.

Hier à Reims (Marne), sous la pression de salariés en colère de Clairoix et de Sarreguemines (Moselle), le comité central d’entreprise a été écourté. Les représentants de l’entreprise ont notamment essuyé des jets d’œufs et de verres dans la salle où se tenait la réunion (lire notre article, voir notre reportage photo ).

La fermeture annoncée à l’horizon mars 2010 des sites de Clairoix (1.120 salariés) et d’Hanovre (Allemagne, siège de l’entreprise) sera finalement évoquée au cours d’un nouveau CCE, convoqué , à Reims toujours, le 31 mars prochain.

Gilles Halais avec agences
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 24 Avr 2009, 10:45

Vendredi 24 Avril 2009
HANOVRE L'internationale des Conti face aux actionnaires
http://www.courrier-picard.fr/Actualite ... tionnaires

« Le Monopoly mais sans nous ». « Travailleurs unis » proclament les banderoles en français et allemand. Partis la veille, plus d'un millier de salariés français sont arrivés à Hanovre où les attendaient leurs collègues allemands. Un cortège de 3000 salariés a défilé ensuite jusqu'à la salle du dôme.

Trois mille salariés de l'équipementier automobile ont manifesté hier à Hanovre en Allemagne devant le palais des congrès où se tenait l'assemblée générale des actionnaires. Les salariés de Clairoix ont tenu la vedette.

* Mercredi, 21 heures. Le train des Conti vient de quitter la gare de Compiègne dans un joyeux chahut. Il est bondé. Des retraités, très chagrins de voir l'usine partir, des salariés, des enfants, des élus locaux. Antonio Da Costa, le secrétaire du CE, exulte : « On a 1200 personnes pour 1128 places ».

Après le saccage de la sous-préfecture, la mobilisation a pourtant failli tourner court. « On n'est pas des casseurs. Pas question de venir en cas de grabuge », souligne Françoise. Les meneurs ont dû recadrer les choses : « Les gars, à Hanovre, il n'y aura pas de problèmes », dit Samir, de wagon en wagon.

Jean-Pierre Dequesnes préside le comité de soutien. « C'est malheureux d'en arriver là. Le saccage de la sous-préfecture c'est un mal pour un bien. Tu peux pas tenir tout le monde. On est une poignée. Nerveusement, c'est dur. »

* 22 h 20. Le convoi s'arrête à Jeumont, à un kilomètre de la frontière belge. Non prioritaire pour la SNCF, il y reste trois heures, le temps d'un changement de locomotive.

Le délégué syndical CGC, Stéphane Bacquet, raconte comment l'intersyndicale a obtenu à l'arraché, le matin même à Nice, des négociations tripartites avec l'État. « Gustin (NDLR du cabinet de la ministre Christine Lagarde) ne voulait pas que le gouvernement demande des négociations car l'État ne veut pas payer à la place de Continental. Mais on n'a rien lâché. »

À deux pas de lui, une déléguée CGT gronde. Isabelle Rodriguez travaille chez Anoflex, une filiale lyonnaise de Continental qui va perdre le tiers de ses emplois. La syndicaliste tempête. « Les gros groupes comme Conti profitent de la crise pour licencier ». Derrière elle, un Conti survolté opine. Dans les wagons, certains prolongent l'apéro. La nuit sera longue.

* Jeudi, 9 heures. Accueil triomphal des Conti à la gare. Les salariés de l'usine de Stocken, dont la fermeture a été annoncée en même temps que Clairoix, sont là. Dehors, la police allemande souhaite en français aux manifestants « une très bonne journée malgré les circonstances ».

Direction le palais des congrès de Hanovre où sont réunis les actionnaires du groupe. Les Français tiennent la sono, chauffent l'ambiance. « C'est comme une mayonnaise, il ne faut pas la laisser retomber », lâche un grand baraqué, un casque gaulois sur la tête. Les Allemands suivent, tout en sobriété.

* 11 heures. Sur l'estrade devant la salle du dôme, c'est l'Internationale ouvrière. Des Allemands, des Français, des Mexicains défilent pour protester contre les licenciements, les baisses de salaire, les usines sacrifiées.

Mais, à l'applaudimètre, c'est le délégué syndical Xavier Mathieu qui décroche le pompon : « Profitez-en, je ne suis pas encore en taule », rigole le Français qui se sait menacé par des poursuites judiciaires après le saccage de la sous-préfecture.

À la tribune, tout y passe : les « patrons-menteurs », les « actionnaires » et « leur magot », les travailleurs « rassemblés dans une même colère ».

Les Français font la claque.

* 13 h 30. Les Conti font irruption dans l'assemblée générale des actionnaires. Ils ont finalement trouvé un petit porteur pour leur vendre une action, sésame obligatoire pour entrer dans la salle. Le gars leur a dit son indignation « face aux fermetures d'usines. » Xavier Mathieu rigole. À Hanovre, il aura appris une chose : les actionnaires ne sont pas tous des pourris.

De notre envoyée spéciale LAETITIA GALDEANO
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 27 Avr 2009, 15:38

Publié le 25/04/2009 07:59 | Emmanuel Haillot
Villemur. Molex veut sortir de la crise
Les salariés étaient en préfecture, hier, autour de la direction du travail et de l'emploi et aussi, de nouveau face à leur patron.
http://www.ladepeche.fr/article/2009/04 ... crise.html

Rien ne sera plus comme avant entre les salariés de Molex et leur patron Marcus Kerriou. Séquestré trente heures en début de semaine avec sa directrice des ressources humaines, Coline Colboc, le cogérant du site de Villemur libéré mardi soir n'est plus du tout en odeur de sainteté chez les salariés depuis quelques jours en totale rupture avec leur direction. Et ce n'est pas la réunion d'hier, en préfecture, autour du directeur du travail et de l'emploi qui a recollé les morceaux. « Elle a juste servi à tenter une sortie de cette nouvelle crise. C'était courtois mais très tendu. On nous a essentiellement fait une proposition concernant une éventuelle prime qu'on nous reverserait afin que l'on travaille jusqu'à la fin juin. Je ne peux en dire plus aujourd'hui. Nous devons discuter de tout cela avec les salariés. Pour ce qui est du plan social, on attend toujours le rapport de l'expert pour savoir si l'entreprise est viable ou pas », expliquait Denis Parise, immédiatement après un autre rendez-vous en fin de matinée, avec Martine Aubry, hier à Toulouse, et divers élus socialistes. Tous, confie le délégué du CE, « sont prêts à nous soutenir, depuis la première secrétaire du PS jusqu'à Martin Malvy, Pierre Izard ou Gérard Bapt présents hier, mais c'est tout ce que nous savons à ce jour ».Martine Aubry a déclaré: «Nous vous accompagnerons. Ce qui se passe est le symbole de ce que l'on ne veut plus voir, des actionaires qui viennent piller les brevets et clients d'une entreprise.C'est une duperie. On vous a menti! S'il y a délit d'entrave, cela doit arrêter les licenciemùnts».
pas un mot

À l'usine, les salariés ont repris le travail, dans un climat jamais vu jusqu'à présent. « Le plus dur est effectivement d'avoir ces têtes en face de nous. Ces gens qui nous accusent d'être des bandits alors que ce sont eux les menteurs. » note Denis Parise. Plus un échange, plus une parole, les salariés ont pour mot d'ordre de ne plus communiquer mais simplement d'écouter. Ce qui a été respecté à la lettre ces deux derniers jours transformant les rencontres en... monologue.

De son côté, Marcus Kerriou n'a pas souhaité s'étendre sur la question. Quelques minutes avant de monter dans un avion pour un week-end en Allemagne, il confiait juste : « Je suis nettement plus positif après la réunion que je ne l'étais avant... tout en restent sur mes gardes. Nous avons avancé. Chacun a fait un effort mais je me suis engagé à ne pas en dire plus… » La prochaine rencontre entre les salariés, leur patron et la direction du travail est annoncée pour mardi prochain, 14 heures, toujours en préfecture.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 27 Avr 2009, 15:40

Publié le 27/04/2009 09:04 | Sylvie Roux
Un salarié de Molex se vend sur eBay
Il échange 26 h de séquestration contre son emploi

http://www.ladepeche.fr/article/2009/04 ... -eBay.html
Hier, l'annonce avait été vue par 830 internautes.

L'annonce est en ligne depuis jeudi sur eBay, le célèbre site de vente aux enchères : « Échange 26 heures de séquestration contre le maintien de mon emploi ». Le mystérieux vendeur se dissimule sous le pseudo « molex31340 ». Une photo d'une trentaine de salariés habillés de blouses bleues posant devant l'entreprise de Villemur accompagne l'annonce. Les conditions de la vente sont précisées : « Au même titre que Mme Colboc et M.Kerriou (DRH et co-gérant), pauses-déjeuners à heures fixes, un matelas pour dormir correctement, visites régulières pour prendre des nouvelles de mon état de santé… » etc. Le prix de départ à 1 € atteignait hier soir 1 001 551,00€. Cinq acheteurs fantaisistes ont surenchéri.

Derrière cette petite annonce, on sent beaucoup d'ironie. L'allusion au coup d'éclat des salariés de Molex Automobile SARL qui ont retenu le directeur de l'usine un jour et une nuit la semaine dernière est claire.

Sans doute l'internaute a-t-il voulu créer un « buzz » pour faire encore parler de Molex. Mais cette initiative n'est pas du goût de tout le monde.
«de mauvais goût»

Joint hier, Guy Pavan, délégué syndical CGT n'était pas du tout au courant. Sa première réaction : « qu'est-ce que c'est que ces conneries ?». « Il y a plusieurs blogs sur Molex et parfois il s'y met un peu n'importe quoi », observe le syndicaliste. « Cette idée de séquestration ne me plaît pas du tout. On n'est pas des bandits. Le patron a été retenu mais il n'était pas enfermé, il a même parlé à la presse. Je ne sais pas qui a eu cette idée mais moi ça ne me fait pas rire. On a d'autres chats à fouetter ». Le secrétaire du CE, Denis Paryse, n'apprécie pas non plus. « C'est une plaisanterie de mauvais goût, sans doute pour montrer le dérisoire de notre situation, dit-il. Mais c'est mal venu ». Pour ces représentants des salariés, le souci n°1 c'est la réunion de négociations, mardi à 14 heures, à la Préfecture, face à la direction. L'avenir de tous est en jeu.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 29 Avr 2009, 10:15

Publié le 29/04/2009 08:46 - Modifié le 29/04/2009 à 09:44 | Emmanuel Haillot
Villemur. Espoir d'une prolongation de l'activité chez Molex ?
http://www.ladepeche.fr/article/2009/04 ... Molex.html

Les salariés de Molex ont peut-être remporté une manche importante dans leur combat pour préserver leur emploi, hier, à l'issue d'une réunion qui se tenait en préfecture, sous la médiation de Michel Ducrot, directeur départemental du travail. Car si toutes les personnes qui se trouvaient autour de la table des négociations ont préféré livrer le moins d'informations possible sur le sujet, les quelques éléments qui ont filtré laissaient entrevoir une lueur d'espoir pour les 300 personnes menacées de perdre leur emploi en juin, à Villemur-sur-Tarn. À l'issue de quatre heures de discussions, après moultes blocages, et aussi après le refus des salariés de négocier sur la base d'une prime, c'est au final l'idée d'une prolongation de l'activité sur le site qui a été lancée, redonnant le sourire aux représentants syndicaux présents hier à Toulouse. « Nous pourrions, si cette proposition est acceptée par la direction de Molex, poursuivre notre activité de façon à nous laisser le temps d'envisager la suite, mais aussi de mobiliser de nouveau les pouvoirs publics pour nous trouver une nouvelle activité. Au tout début, il ne semblait pas possible de discuter mais l'arrivée du préfet Bur nous a vraiment permis d'avancer. Il a expliqué à nos patrons qu'ils ne pouvaient pas faire ce qu'ils veulent sur le sol français et que certaines lois ne pouvaient être oubliées. On peut considérer que ce rendez-vous a été positif », explique Denis Parise, délégué du CE, qui a cependant préféré ne pas s'étendre sur la question, « tant que la réponse officielle n'est pas tombée », a-t-il précisé.

«Des mois de chômage évités»

C'est aussi le souhait de Marcus Kerriou, lequel doit désormais proposer ce schéma à sa direction américaine et donner une réponse ce jour. Le co-dirigeant de Molex Villemur, très secoué par les salariés ces derniers jours, a confié hier soir, lors d'une brève interview téléphonique que « le contenu de cette réunion a été une surprise. En fin de compte, on est parti sur d'autres bases que celle prévues. C'est désagréable de chaque fois changer ainsi. On a été souvent près du blocage. A chacun des partenaires sociaux, maintenant, d'expliquer ce sur quoi on pourrait avancer. Mais rien n'est sûr à ce jour. »
C'est effectivement le cas. Car si le scénario d'une prolongation devait être retenu, il restera ensuite à en définir les modalités, sachant que dans tous les cas, il restera éphémère. « C'est vrai, ajoute Guy Pavan, délégué CGT, mais au moins on ne sera pas mis brutalement devant le fait accompli. Et puis, par les temps qui courent, ce sera toujours des mois de chômage évités… »
Les salariés de Molex reprennent les négociations aujourd'hui, en préfecture. Mais ils attendent toujours avec impatience le résultat du rapport d'expertise du cabinet Syndex mandaté pour savoir si l'entreprise est viable ou pas. C'est de ce rapport que dépendent les futures négociations portant sur un plan social actuellement au point mort.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 29 Avr 2009, 10:19

À la Fnac.
Une minorité des salariés en grève

http://www.ladepeche.fr/article/2009/04 ... -test.html

Des salariés et se sont mobilisés hier, pour réclamer l'abandon d'un plan de restructuration. À Toulouse, au plus fort de la journée, 21 personnes sur un effectif de 146 se sont déclarées grévistes. Ils étaient 130 dans toute la France.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 29 Avr 2009, 17:51

>MONTPELLIER, 29 avr 2009 (AFP) - 16h26
Dell Montpellier: rassemblement contre le plan de sauvegarde de l'emploi

Entre 80 et 100 personnes se sont rassemblées mercredi devant l'entreprise Dell à Montpellier pour protester contre un plan social qui, selon les organisateurs, pourrait se traduire par la suppression de 150 postes sur le site languedocien. A l'entrée de l'entreprise, deux manifestants avaient dressé une banderole proclamant "Dell empoche, Dell débauche", a constaté un journaliste de l'AFP. Le rassemblement était organisé à l'occasion de la réunion à Montpellier d'un Comité central d'entreprise, a indiqué un des organisateurs, le conseiller municipal (NPA) de Montpellier, Francis Viguié. Mais la direction de Dell s'est refusée à confirmer la tenue de cette réunion, ainsi que celle d'un comité d'entreprise spécifique au site montpelliérain, jeudi matin. Le fabricant américain d'ordinateurs n'a par ailleurs pas souhaité communiquer sur le nombre de licenciements ou de suppressions de postes envisagé tant à Montpellier qu'à Saint-Denis, second site Dell en France, dans le cadre du plan de sauvegarde pour l'emploi. Selon M. Viguié et des sources salariales qui ont tenu à conserver l'anonymat, ce plan aurait pour conséquence la suppression de 150 emplois à Montpellier, sur les 815. "Nous sommes ici pour dire notre solidarité à tous les salariés de Dell, demander l'interdiction des licenciements et dire que l'argent public doit être restitué", a lancé au porte-voix M. Viguié, selon lequel Dell a bénéficié lors de son installation à Montpellier de subventions d'environ 4 à 5 millions d'euros de la part des collectivités territoriales. En début d'année, Dell a décidé d'arrêter sa production d'ordinateurs en Irlande et de la transférer dans une usine polonaise et chez des sous-traitants, provoquant la suppression de 1.900 emplois dans l'île. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un plan visant à économiser 3 milliards de dollars par an, annoncé en mars 2008 par le groupe américain, toujours dirigé par son fondateur Michael Dell.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Messagepar Olivier S. (AGET-FSE) » 30 Avr 2009, 16:40

L'espoir renaît chez MOLEX
30/04/2009 | 13:55 par Michel PECH
http://sud.france3.fr/info/midi-pyrenee ... 676-fr.php

L'activité pourrait continuer après la fin octobre à Villemur-sur-Tarn en dépit de l'annonce de fermeture en juin

Jeudi soir, une réunion à la Préfecture de Toulouse devrait entériner une bonne nouvelle pour les MOLEX. L'activité de l'usine de Villemur-sur-Tarn pourrait continuer après le départ de l'actuelle direction.

L'usine ne fermerait que fin octobre au lieu de fin juin et par la suite, la direction serait prête à laisser les machines sur le site. L'activité pourrait donc reprendre après la fermeture soit sous forme de coopérative ouvrière soit avec un repreneur.
Olivier S. (AGET-FSE)
 
Messages: 721
Inscrit le: 18 Déc 2005, 16:31

Suivant

Retour vers Les luttes globales

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité

cron